Les Ballets Russes

 

Au début du XX° siècle, la danse en Europe est sous l’influence conservatrice, académique, du français Marius Petipa dont le talent et la renommée l’on conduit à St Petersburg au théatre Bolchoï, puis Marinsky en tant que maître de ballet d’abord puis surtout en tant que chorégraphe, dont on retiendra des œuvres majeures telles que La belle au bois dormant, Casse-Noisette, le Lac des Cygnes, ainsi que ses collaborations avec Tchaïkovski et qui ont su intégrer le répertoire classique.

 

Un nouveau courant émerge alors, porté par l’audacieux Serge de Diaghilev issu de la petite noblesse russe, dont les multiples talents d’impresario, de critique d’art et diplômé de musicologie bouleverseront bientôt le milieu artistique, de la danse en particulier.

 

S’il a croisé l’illustre chorégraphe Petipa quand le Prince Wolkonski le nomme responsable de l’Annuel des théâtres impériaux, il s’entoure déjà de ses amis les plus proches, comme Léon Bakst.

Peu de temps plus tard, suite à un conflit prétextant son homosexualité, Diaghilev quitta les Théâtres Impériaux puis organisa des expositions qui le menèrent à Paris et où il demeura en raison de la Révolution Russe qui empêcha son retour dans son pays d’origine.

 

En 1907, Serge de Diaghilev, crée les Ballets Russes, troupe privée et indépendante, avec les meilleurs éléments de Marinsky, principalement localisé à Monte Carlo, Paris et Londre sans s’attacher à un théâtre en particulier, et donna naissance ainsi au concept de « tournée » puis rompit définitivement les liens avec les Théâtre Impériaux.

 

Il contribua ainsi à une forme d’émulation dans les milieux artistiques et intellectuels, un flux de pensées qui s’alimentaient les unes les autres, des collaborations insensées.

 

Ses créations furent accueillies avec un fort engouement, tantôt qualifiées de géniales, tantôt scandaleuses, les spectateurs allant parfois jusqu’à se battre (Parade, l’Après midi d’un faune)

 

La simple évocation des noms qui fréquentèrent la compagnie des Ballets Russes laisse imaginer la richesse des talents qui s’y retrouvaient.

Nous retiendrons des ballets russes des compositeurs comme Modeste Moussorgski, Sergeui Prokofiev, Nokolai Rimsky-Korsakoff, Igor Stravinsky, Claude Debussy, Erik Satie, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Maurice Ravel, mais aussi Jean Cocteau, ou des peintres comme Léon Bakst, Alexandre Benois, Georges Braque, Giorgio de Chirico, Sonia Delaunay (costumes), Robert Delaunay (décors), André Derain,Nathalie Gontcharova, Marie Laurencin, Henri Matisse, Pablo Picasso, Georges Rouault, Maurice Utrilllo. 

Chez les danseurs et chorégraphes nous bénéficions aujourd’hui de l’héritage d’Adolph Bolm, Tamara Karsavina, Vera Karalli, Anna Pavlova, Vaslav Ninjinski,  mais aussi de·Georges Balanchine, Michel Fokine, Léonide Massine, Bronislava Ninjinska, Ruth Page et Ida Rubinstein. 

Les œuvres des Ballets Russes ont marqué leur temps, malgré des périodes historiques troubles comme la Révolution Russe ou la Première Guerre Mondiale, évènements qui ont impacté ce phénomène de flux artistique et de courants de pensées moderne, mais ces œuvres ont toujours eu une résonnance très nette sur le public, soit inconditionnel, soit, au contraire,  véhément mais elles furent toujours un succès. Parmi elles : Les Sylphides, l’Oiseau de Feu, Petrouchka, l’Après-midi d’un Faune, et tant d’autres…

 

Malheureusement déficitaire, la Compagnie des Ballets Russes ne survivra à la mort de Diaghilev en 1929

 

 

Merci à Virginie, ma prof de culture cho.