Origine de la danse classique

 

Associée à la danse de ballet de par ses origines italiennes, c'est à la Renaissance que l'on trouve les prémisses de la danse classique. Cette forme de danse a connu un fort engouement en France, sans doute grâce à l'intérêt que portait Catherine de Medicis aux arts italiens. On doit à Louis XIV, grand amateur d'arts lui aussi, d'avoir sauvé cette forme artistique – on parlait alors de Ballet de Cour - alors en déclin, lorsqu'en 1661, il crée l'Académie Royale de Danse afin de former les danseurs professionnels et de codifier l'art chorégraphique, ce qui explique pourquoi les termes du vocabulaire technique demeurent en français jusqu'à nos jours. La forme du ballet a évolué de cette époque à nos jours, suivant les différents courants artistiques qui ont traversé l’Histoire. Si aujourd’hui, nous sommes habitués à sa forme en continu, à l’origine il se présentait sous forme de danses successives.

Domenico da Piacenza : (1390-1470) était un maître à danser à la Cour d’Italie. On lui doit d’avoir écrit le premier traité de danse, dans lequel il reste attaché à la pensée d’Aristote, et répertorie les pas de la basse danse, lente et majestueuse qui se dansait en couple à la cour et à la fois très structurée en pas –révérence, démarche, simple, double, branle – et en mesures – petite, moyenne, grande- composée d’une combinaison de pas. Ses disciples Guglielmo Ebreo et Antonio Cornazzano, homme politique humaniste, poursuivirent son œuvre par l’enseignement et l’écriture de traités sur la danse qui se diffusèrent largement en Italie.

Au XVIII° siècle, la Danse s’intègre à l’opéra et devient « ballet d’action » et vient « illustrer » l’opéra en incarnant les personnages. Elle diffère des pièces d’aujourd’hui où le ballet se déroule « en continu » alors que la danse n’apparaissait jadis que sous forme de piécettes intégrées à l’opéra.

On peut citer Georges Noverre qui contribua à cette évolution ainsi que le Dom Juan de Gluck qui fut le premier spectacle du genre, écrit sous ses conseils en 1761 et la base des ballets que nous connaissons aujourd’hui.

Ce type de ballet était essentiellement dansé par les hommes, l’habit des femmes ne se prêtant pas aux prouesses exigées par la discipline.

 

Au XIX° siècle, avec l’arrivée de Wagner sur les scènes européennes, la forme de ballet « en continu » apparaît. Si la France se détourne de l’Art du ballet à cette période, elle se développe au Danemark et en Russie. Le ballet romantique laisse place à part entière à la danseuse en mousseline et attribue essentiellement au danseur le rôle de porteur.

 Les premières pointes apparaissent, portées dans le Flore et Zéphir de Didelot par Melle de Gosselin, puis par Marie Taglioni qui lui succéda.

 Le colonialisme d’alors et la mouvance culturelle qui lui est associée  inspire la tendance orientaliste.

 Du ballet romantique, on retiendra, entre autre, des noms comme :

 - Jules Perrot (Français en conflit avec l’Opéra, d’où de nombreuses années à travailler à l’étranger. Ses cours à l’Opéra ont donné l’occasion à Degas de peindre ses célèbres danseuses. -Giselle),

 - Cechetti (Méthode Cechetti, Théâtre Mariinsky, Ballets Russes),

 - Bournonville (Danemark, -La Sylphide- ; sa particularité réside dans le fait qu’il attribue une importance égale au danseur et à la danseuse)

 -  et particulièrement Marius Petipa( français, Maître de ballet et Chorégraphe au Bolchoï – Lac des Cygnes) qui a laissé l’empreinte du ballet classique tel qu’il est conçu aujourd’hui.

 La technique dansée est de plus en plus approfondie.

 Si Petipa remporte un franc succès en Russie, avec Casse-Noisette, Don Quichotte et ses magnifiques reprises du Répertoire, Serge de Diaguilev, crée les Ballets Russes en 1907 avec les plus grands artistes de Mariinsky.

 Les Ballets Russes révolutionnent la Danse. En raison de la Révolution de 1917 qui ont été l’objet d’un exil à Paris, ils furent aussi l’occasion d’un grand brassage artistique, et l’occasion de créer un réseau très riche dans le monde. Ils furent ainsi à l’origine du concept de « tournée » tel qu’on le conçoit aujourd’hui dans le spectacle vivant, échangeant ainsi avec Serge Lifar, Michel Fokine ou Georges Balanchine mais aussi de nombreux autres artistes tels que Prokofiev, Stravinski, Satie, Debussy, Ravel, Cocteau, Braque, Derain, Matisse, Picasso…

L’après midi d’un faune, Le sacre du printemps sont autant d’occasions de bouleverser les codes, et objets de scandales, on voit le public s’affronter pour dénoncer ou défendre ses œuvres.

 A sa mort en 1929, la troupe se sépare, ses disciples donnant lieu à une nouvelle génération d’artistes porteurs d’élans multiples aux quatre coins du monde.